Édito
Notre Mensuel est de retour, passé le temps de la césure des vacances et celui de la rentrée, il nous revient pour nous faire entrer, à nouveaux frais espérons-le, dans celui de la lecture des textes de nos collègues. Un temps singulier qu’est celui de la lecture du Mensuel, une invitation à tout le moins à nous laisser surprendre, car si lire c’est interpréter, n’est-ce pas alors pour tenter de trouver du nouveau ? Au risque sinon de répéter ce qui nous semble déjà interprété.
Dans le discours capitalo-scientiste ambiant qui a réponse à tout – et cette rentrée n’est pas en reste –, poursuivre l’hypothèse de l’inconscient avec le procédé freudien de l’association libre et de l’interprétation, faire l’épreuve de la parole qui engage, des effets qu’elle a sur le corps et, plus libérateur encore – me semble-t-il –, d’un reste qui échappera toujours à la formalisation, comment ne pas y entendre comme un oxymore ? Dans la société des amis, followers, likers et influenceurs, quelle place y a-t-il pour le malheureux parlêtre tout dévoué à sa recherche de ce qui lui manque et de sa moitié qui viendrait le compléter, lui pourtant Un et un tout seul ?
L’amour fait mystère de la rencontre et pourtant l’époque contemporaine, nerveuse, tente d’éclipser avec violence « l’insu du sujet comme tel [1] », un insupportable qui déjouerait le moi fort promu à toutes les sauces. Faire le choix de la psychanalyse aujourd’hui, c’est maintenir à vif la découverte freudienne, tant pour celle ou celui qui vient à l’analyse que pour celle ou celui qui en fait offre.
Puisque les 28 et 29 novembre prochains « les identifications [seront] en question », ces journées annuelles d’étude et de partage augurent de vivants débats, interpellés que nous serons sur ces questions depuis notre pratique et la place dont nous parlons.
Je vous souhaite une bonne lecture, avec ces quelques mots de Roland Barthes : « Nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible [2]. »
Christine Silbermann
[1] .↑ J. Lacan, Le Séminaire, Livre XVI, D’un Autre à l’autre, Paris, Le Seuil, 2006, p. 385.
[2] .↑ R . Barthes, Leçon inaugurale au Collège de France, prononcée le 7 janvier 1977.
SOMMAIRE
ÉDITO
SÉMINAIRE ÉCOLE
Quelques aphorismes de Lacan
« Chaque individu est réellement un prolétaire »
(« La troisième », 1er novembre 1974)
Le prolétaire, de Marx à Lacan Jean-Michel Arzur
Un pour tous, tous pour un … un par un Bernard Brunie
Le prolétaire, un symptôme social ? Irène Tu Ton
Le symptôme, social ? Dominique Touchon Fingermann
FRAGMENT
QU’ENSEIGNE LA PSYCHANALYSE ?
Semblant, simulacre, factice : de quel réel parle-t-on ? Jean-Claude Coste
SÉMINAIRE CHAMP LACANIEN
« La vie, le sexe et la mort, selon les discours »
Éphémère destinée Nicolas Bendrihen
La désillusion du discours amoureux Nathalie Dollez
D’un ternaire vie, sexe et mort, et de quelques affects qu’il suscite chez les parlêtres Ghislaine Delahaye
Du savoir au joint de la vie Sophie Rolland-Manas
LES CERCLES CLINIQUES
« Comment débute une psychanalyse ? »
Poser l’inconscient
Ça s’impose Nadine Cordova
De fil en aiguille… Hélène Lefèvre
Mettre la gomme Laurence Martin
Poser l’inconscient, s’engager avec un juste silence Isabelle Geneste
Les bribes d’une phrase… Irène Houssin
Poser l’inconscient Sol Aparicio
XIIIe RENDEZ-VOUS INTERNATIONAL DE L´IF-EPFCL
São Paulo, 23-26 juillet 2026
« L´éthique de la psychanalyse et les autres »
Prélude 8, Une formation à la mesure de l’éthique Beatriz Oliveira
JOURNÉES NATIONALES 2026
« Les identifications en question »
28 et 29 novembre 2026, Paris
Lorsque ça ne tient plus. À propos d’un cas de mélancolie Christophe Charles
DU RAVAGE
La mère inoubliable Vanessa Brassier
CARTEL
Pourquoi travailler en cartel ? Philippe Bardon
BRÈVES
À propos de Lacan c’est du chinois ? Pulsion, fantasme, structure, de Michel Bousseyroux Nicolas Bendrihen
À propos de Hortense et les larmes du clown d’Antoine Thérond Parham Shahrjerdi
MARGINALIA
La place de personne David Bernard
