Collège de Clinique Psychanalytique de l’Ouest

De par son retour à Freud, « ce clinicien attaché au terre à terre de la souffrance », comme il le nomme, Lacan a mis la clinique au centre de la psychanalyse et de sa transmission. L’analyste, dit-il en 1977 à l’ouverture de la Section Clinique de Vincennes, y aura à « déclarer ses raisons ».

La présentation clinique lacanienne, au cœur du dispositif, n’est plus le lieu d’observation de la psychiatrie classique à la recherche de la confirmation d’un savoir établi, mais celui d’un colloque très singulier, disait Claude Léger, dans lequel le patient est en place d’enseignant et où l’analyste aura à s’effacer afin que quelque chose d’inédit puisse surgir. Accompagné en ceci par le public qui, à s’intéresser au récit du drame des difficultés existentielles d’un semblable, incarne un désir Autre, personnage tiers essentiel à la mise en forme du symptôme. A la charge de cette communauté de travail de vérifier après-coup, en quoi cet unique entretien a eu valeur de rencontre, ouverture sur ce qui chez l’autre fonctionne comme vérité.

La présentation clinique, sa discussion et l’élaboration qui suit, mais aussi les études des cas exposés par les participants, les études des textes de Freud et de Lacan et les cours ou séminaires de théorie psychanalytique s’adressent à ceux qui, quel que soit le cadre de leur pratique clinique, veulent se donner les outils épistémiques susceptibles de les orienter dans la clinique. Cela vaut aussi bien pour les enseignants du Collège que pour les participants, qui non seulement reçoivent un enseignement mais sont invités à produire un travail qui sera pris en compte par le Collège.

Au-delà de la mise en jeu du rapport particulier pour chacun à la psychanalyse, il en va, ces jours-ci, de la présence-même d’une clinique orientée par la psychanalyse dans les institutions.