Cinécume

Les chatouilles, un film d’Andréa Bescond & Éric Metayer

Le titre lui-même, « Les chatouilles », n’augurait rien de transcendant, plutôt celui d’un énième film sur la gaudriole franchouillarde, sans légèreté, devant égayer une fin d’année morose, alourdie de nuages plutôt orageux… Pourtant la bande annonce, d’une vivacité elliptique, témoignait déjà d’un frémissement de qualité de vrais comédiens, à l’humour délicat sur un sujet qui a priori n’y était pas dédié. Et bien non, voici une chronique, fidèle à la subjectivité de notre époque, qui dégage une vraie émotion tirée du cœur. La metteuse en scène, Andréa Bescond, danseuse émérite, est aussi actrice de l’évocation de sa propre histoire traumatique. Elle en tire une énergie d’une intensité inouïe qui l’amène chez une “psy”. Le transfert même y est subtilement traité. La psy, pas du tout lacanienne, n’a d’autre solution que de se laisser entraîner par sa patiente qui lui assigne une écoute pas très orthodoxe, mais qui permet à la patiente de « dire ». N’est-ce pas ce qu’on peut attendre de mieux ? Des trouvailles cinématographiques efficaces, drolatiques…  Ce film dégage une force vitale époustouflante qui fait souffler un ouragan d’optimisme vrai. Un vrai cadeau de Noël ! Allez voir ce film toutes affaires cessantes. C’est sûr je vais retourner le voir.

Marche ou crève, un film de Margaux Bonhomme

Dans un tout autre style, un autre film peut attirer notre intérêt « Marche ou crève ». C’est la chronique d’une jeune femme qui veut à tout prix accompagner sa sœur aînée, autiste extrême qui exige une assistance de tous les instants. Là encore la metteuse en scène, Margaux Bonhomme, évoque sa propre histoire, mais la fait jouer en particulier par Jeanne Cohendy, qui réalise le tour de force de faire croire à s’y méprendre à la véracité de son trouble. Film émouvant qui souligne bien ce qu’a de cataclysmique la survenue d’un tel “handicap” avec toutes ses conséquences  subjectives sur le quotidien d’une famille(1). Cette histoire est venue télescoper ma lecture en cours du livre terrible « Robinson » de Laurent Demoulin qui décrit, au jour le jour, l’enfer de chaque seconde de la vie avec un autiste.

(1) Les deux films passaient à l’Arvor à Rennes.

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