La frontière de la différence

Conférence prononcée lors de la journée organisée par le CCPO  à Rennes le samedi 24 mars 2018 dans le cadre du thème d’année : « Clinique différentielle des sexes »

Je remercie mes chers collègues du CCPO pour cette invitation. J’ai toujours beaucoup de plaisir et d’intérêt à venir travailler avec vous, et c’est l’occasion de vous remercier non seulement  pour votre accueil mais également pour votre dynamisme et votre pertinence quant à cette impossible et tout aussi nécessaire  tâche de la  transmission de la psychanalyse et c’est encore l’occasion de vous féliciter pour la création du site du pôle 9 de l’EPFCL, Tu peux savoir qui accueille également les travaux du CCPO. J’ai ainsi pu lire les conférences des collègues qui m’ont précédée et je salue au passage leurs travaux. J’ai la chance également d’intervenir après la journée nationale des collèges cliniques qui s’est tenue à Bordeaux samedi dernier et où j’ai pu entendre des travaux d’une grande qualité dont tout spécialement celui de David Bernard sur « Ethique et différence sexuelle ». Je vous propose de mettre cette intervention sous les auspices de Jean-Luc Godard et de son film Masculin, féminin[1]. Ce film de 1966 est la première référence qui m’est venue à l’esprit en commençant à travailler sur le thème des Collèges Cliniques. Le film commence avec cette scène, Jean-Pierre Léaud, jeune homme d’une vingtaine d’années, est assis à la table d’un bistrot, il énonce à voix haute ce qu’il est en train d’écrire :  «Jamais …de/deux …regard …ensemble… », c’est ainsi que ça commence !

Sur ce fond d’impossible, une première question : quel est le sexe concerné par la psychanalyse ?  Quelle est l’incidence de la découverte de Freud, quelle est l’incidence de l’inconscient sur le rapport du sujet avec cette pléthore[2] qu’est le sexe ? Le sexe, et non les sexes.  Je rejoins l’invitation de Jean-Luc Nancy dans Sexistence[3]  à ne pas confondre le sexe avec les « idiosexes » -non pas les sexes idiots mais idio du grec qui signifie « propre, particulier »- comme il n’y a pas à confondre la parole avec  les idiolectes.  Comment donc penser le rapport du sujet au sexe à partir de la structure du sujet déterminée par la structure du signifiant et du discours ?

Cliniques différentielles

Une analysante, avisant l’affiche annonçant la journée nationale des Collèges Cliniques,  la commente ainsi : « « Clinique différentielle des sexes » ? Euh…c’est à dire avec les garçons c’est compliqué, c’est ça non ?  » Cette fausse ingénuité a attiré mon attention sur  un certain glissement possible quant à l’usage de ce terme de « différentielle », la clinique différentielle des sexes ce n’est pas équivalent à la clinique de la différence des sexes.

Prendre au sérieux la dimension réelle de la clinique, telle que Lacan l’a posée, contrevient à l’usage commun du diagnostic, qui est de faire entrer le cas particulier dans  l’espèce générale.  Dirions-nous homme ou femme, comme on dirait névrose ou psychose ? Georges Perec dans Penser/classer avait noté qu’il était tentant de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique  qui régirait l’ensemble des phénomènes mais ça ne marche pas et Perec ajoutait « ça n’a même jamais commencé à marcher »,  ce qui n’empêche pas de continuer ! Il y a un tel usage classificateur de la psychanalyse ; il tient pour une part au fait que la clinique psychanalytique de Freud et des débuts de la psychanalyse s’est construite en dérivation de la clinique psychiatrique, Colette Soler a remarquablement déplié cela dans son séminaire il y a quelques années sur « La querelle des diagnostics ».

En 1973, Lacan pose autrement les fondements de la clinique psychanalytique, notamment dans « Introduction à l’édition allemande des Ecrits », il y écrit notamment que les sujets d’un type sont sans utilité pour les autres du même type. Ce constat, objectant à la pertinence du classement, est donc contemporain des textes et séminaires où Lacan construit les formules de la sexuation. Suivra son approche borroméenne de la structure qui le conduira à produire une nouvelle symptomatologie (maladie de la mentalité, le sinthome Joyce, une psychose lacanienne) venant bousculer la clinique des débuts de la psychanalyse. Dès lors il y aurait à s’interroger les incidences de la clinique borroméenne sur le sexe. Après Michel Bousseyroux[4], Bruno Geneste[5] nous en a proposé une approche samedi.

Lacan rappelait à Milan que certes, les humains sont sexués, « mais on ne sait pas de quel sexe ils sont, ni les uns ni les autres[6] ». Difficile dès lors de répartir chacun sur son côté de canapé- comme semble le suggérer, à première vue, l’affiche annonçant cette conférence.

D’autant que les ballons de baudruche n’ont pas des pieds de plomb et ont tendance à ne pas rester bien sagement assis de chaque côté de la ligne médiane du canapé. Lacan évoquait d’ailleurs dans …ou pire cette «  bipartition, à chaque instant fuyante, de l’homme et de la femme.[7] »

Si l’on veut bien se rappeler que « différentielle » en mathématique qualifie ce qui procède par différences infiniment petites, comment pourrait-il y avoir d’autre clinique psychanalytique que différentielle ? La clinique différentielle se fait à partir du point où justement il n’y a pas de différence, à partir d’un universel qui concerne tous les parlants, parlant noté x dans les formules de la sexuation. La relation de chaque sujet à cet universel est différentielle. N’est-ce pas l’idée de Jean-Luc Godard quand il sous-titre son film Masculin, féminin, 15 faits précis ? Michel Bousseyroux  énumère ces différentes cliniques différentielles dans un chapitre de son dernier livre[8] (clinique différentielle des tenants du désir et des appelants du sexe, clinique du couple sexuel, clinique différentielle des sexes qui ne se situe pas des identifications de genre, clinique différentielle du partenaire symptôme, clinique du partenaire manquant). Cela nous ouvre des perspectives de travail qui vont bien au-delà de cette année !

L’exploit de la psychanalyse

Je trouve particulièrement difficile de traiter dans une conférence quelque chose de cette question du sexe qui en appelle à traverser bien des champs de savoir, la philosophie, l’histoire, la sociologie, la logique, la mathématique, la littérature, la psychanalyse avec Freud puis avec Lacan.  Je voudrais donc essayer d’avancer un peu de biais. Je vais m’autoriser à emprunter  à quelqu’un du pays, votre belle région de l’Ouest, mon entrée en matière, matière de mystère !

Alphonse Allais est né à Honfleur en 1854, où on peut d’ailleurs visiter le petit Labo et notamment y faire fonctionner ses zygomatiques en appréciant  une petite collection unique au monde dont il était très fier, se composant du crâne de Voltaire à 17 ans, d’un authentique morceau de la fausse croix et d’une tasse spéciale gaucher, de la machine à faire les fonds de tiroir, etc.

Bien que d’un autre siècle, cet admirable logicien – référence réitérée de Lacan par ailleurs-  définissant la logique féminine d’un trait d’esprit, «  C’est quand on serre une dame de trop près…qu’elle trouve qu’on va trop loin », a quelque chose à nous apprendre, sur la complexité de ce qui nous intéresse, quand il nous invite à faire connaissance avec une monsieur et une dame « qui auraient pu être heureux, sans leurs éternels malentendus[9] ».

Dans un de ses contes intitulé « Un drame bien parisien », nous voilà avec  Raoul et Marguerite, mais ils pourraient aussi bien se nommer Raphaëlle et Marcel, à moins que ce ne soit l’inverse, ou bien encore Claude et Dominique, ou bien encore ils pourraient être nos deux ballons de baudruche. Raoul s’était juré que Marguerite n’appartiendrait jamais à un autre homme qu’à lui-même. On peut toujours rêver, n’est-ce pas ? Le ménage aurait d’ailleurs été des plus heureux, si ce n’eût été le caractère des conjoints, à croire d’ailleurs « que ces deux cochons-là se disputaient pour s’offrir l’occasion de se raccommoder », jusqu’au soir où ce fut plus grave que d’habitude. Revenant du théâtre où ils avaient vu L’infidèle, chacun avec sa lorgnette, épiant l’intérêt de l’autre pour un autre que  l’un, ils se disputent jusqu’à ce magnifique renversement :

« La main levée, l’œil dur, la moustache telle celle des chats furibonds, Raoul marcha sur Marguerite, qui commença dès lors, à n’en pas mener large.
La pauvrette s’enfuit, furtive et rapide, comme fait la biche en les grands bois.
Raoul allait la rattraper.Alors, l’éclair génial de la suprême angoisse fulgura le petit cerveau de Marguerite.
Se retournant brusquement, elle se jeta dans les bras de Raoul en s’écriant :
– Je t’en prie, mon petit Raoul, défends-moi ! »

Suit un troisième chapitre avec seule mention de cette malicieuse didascalie : « Où nos amis se réconcilient comme je vous souhaite de vous réconcilier souvent, vous qui faites les malins. » Si le champ clos de la relation sexuelle reste hors de vue, hors de prise, ce champ ne  ne s’excepte pas pour autant du champ du symptôme, puisque évidemment le conte ne s’arrête pas là. Vous en avez certainement l’expérience, on peut toujours compter sur les gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas, ceux que l’on appelle des amis bien intentionnés !

Donc un jour, chacun reçoit un billet rédigé qui par un, qui par une,  de ces ami-e-s là, informant que tel jour au bal des Incohérents, chacun pourra voir l’autre « en belle humeur », l’une déguisée en Pirogue congolaise alors que l’autre sera masqué en Templier fin de siècle. De ce courrier, qu’on imagine sans peine sous sa forme contemporaine dite SMS, aucun n’en souffle mot à l‘autre et chacun prend prétexte d’une absence de quelques jours. Le jour du bal arrive, tout le monde danse et s’amuse, hormis un Templier fin de siècle et une Pirogue congolaise, qui tout de même, sur le coup de trois heures du matin, se retrouvent, l’un à proposer une invitation et l’autre à l’accepter. Au cabinet du restaurant, le Templier profite de l’absence du serveur pour ôter son masque et du même mouvement le loup de la Pirogue : « Tous les deux poussèrent, en même temps, un cri de stupeur, en ne se reconnaissant ni l’un ni l’autre. Lui, ce n’était pas Raoul. Elle, ce n’était pas Marguerite. » Je vous laisse goûter l’abîme de perplexité qui s’ouvre et le plaisir d’imaginer ou de découvrir le dénouement.

Dans le séminaire …ou pire Lacan rappelle que « le langage est tel pour tout sujet parlant, ou bien c’est lui ou bien c’est elle. Ça existe dans toutes les langues du monde. […] Cela dit, l’homme et la femme, nous ne savons pas ce que c’est.[10] » Donc exit la volonté de classification, mais reste la nécessité de la distinction. Ce que le conte d’Allais montre remarquablement. Ce conte est remarquable d’intelligence structurale. Nombre de formulations de Lacan trouveraient à s’y éclairer. J’en évoquerai deux.

Déjà dans « La chose freudienne », ironisant sur le sort jaloux qui contrariait les  rendez-vous entre le psychanalyste et la psychanalyse, Lacan écrivait : « Sous le masque où chacun devait rencontrer sa promise, hélas, trois fois hélas ! et cri d’horreur à y penser, une autre ayant pris la place d’elle, celui qui était là non plus, n’était pas lui. [11]» Impossible donc de préjuger qui est qui, note Lacan

Puis à la suite de la dissolution de l’EFP, le 15 janvier 1980, à l’heure où il s’agissait de compter  autrement, pour que, du « tas de gens » qui voulait suivre Lacan, ne puisse se refaire un tout, Lacan faisait de nouveau référence à ce conte : « Tel le rendez-vous célèbre des amoureux lors d’un bal à l’Opéra. Horreur quand ils laissèrent glisser leur masque : ce n’était pas lui, elle non plus d’ailleurs.[12]»

Cette horreur est au fond une chance, que l’autre reste autre, y compris soi-même – Lacan avait déjà raillé « je ne m’aime pas au point de vouloir être moi-même »- et le désir reste vif ! La plupart du temps, il faut un peu de temps pour s’y faire !

Lacan saluera un peu plus tard dans ce même séminaire l’exploit de la psychanalyse. Ledit exploit « c’est d’exploiter le malentendu.  Avec au terme une révélation qui est de fantasme.[13]» Si Lacan qualifie d’exemplaire son écriture du tableau dit des formules de la sexuation, c’est qu’elle l’est à produire des malentendus[14]. La psychanalyse ne résout pas le malentendu, elle le creuse. C’est certainement là une différence avec la psychothérapie, mal supportée cette différence-là, comme toutes celles qui ne contribuent pas à l’ordre du monde !

De différends en différences

Vous voyez que c’est un endroit un peu inconfortable où je me propose de me tenir le temps de cette conférence. Cet endroit, pour le qualifier,  c’est le mot de frontière qui m’était venu lorsque A. Rauber m’avait demandé un titre. Cette ligne ténue est celle-là même que cette petite fille de sept ans m’avait amenée à prendre en considération et dont j’avais parlé à Paris lors des journées de l’EPFCL sur Le choix du sexe[15]. Cette fillette commençait chacun de ses dessins par un trait vertical et j’avais essayé de montrer comment l’orientation psychanalytique requiert de se déprendre d’une lecture binaire. Ce qui est loin d’être simple !

Ce binarisme est inscrit d’une certaine façon dans la structure du signifiant et c’est bien pour cela que ce n’est pas aisé de se déprendre du binarisme. Un signifiant ne vaut que de ne pas être tous les autres, il manifeste donc la présence de la différence comme telle, différence qui n’a pas de sens par elle-même.  Ainsi ces deux petites taches de couleur sur l’affiche, font-elles valoir cela. Rose c’est différent de bleu, mais tout aussi différent du rouge ou du jaune. De leur accord peut naître un sens. Nous verrons plus loin que Lacan fait une référence très précise à la colorisation du couple.

Cette question de la différence est essentielle. La clinique nous donne la mesure de l’angoisse mortifère produite par l’indistinction et par l’absence d’un opérateur qui permette de construire la distinction. N’est ce pas quelque chose de cet ordre que cherche  ce jeune garçon, évoquant, à la collègue qui m’en a parlé,  ce qu’il nomme « la boîte de nuit qu[’il] a dans sa tête » ? La présence permanente d’insultes dans sa tête l’amène à faire un tableau où s’écrit ce qui fait rapport et  donc ravage, en produisant une valeur unique,  en haut à gauche « Couillon » en face à droite « Ta mère » et en bas au milieu « Fils de p… ». Si c’est le non-rapport qui  vérifie la différence, comment l’aider à ce que  le rassemblement des signifiants ne tombe pas juste ?

La différence peut être abordée différemment selon le registre auquel on se réfère. Nous savons qu’il y a des usages de la différence qui induisent une culture du même, pouvant aller jusqu’ à sa négation même. Il y a les différences relatives aux discours qui ne recouvrent pas la fonction logique de la différence qu’on peut corréler au réel. Qu’est-ce que le réel de la différence ? Quelle est cette différence qui ne fait pas paire mais disparité radicale ? Cette différence réelle, c’est-à-dire exclue du discours, non contractuelle, n’est-elle pas celle que la psychanalyse met au cœur de son approche ?

La psychanalyse, le genre et le sexe

L’échec, programmé, du discours à unifier les jouissances ne devrait pas nous faire taire. C’est ce que Lacan nous a incité à prendre en compte dans le champ lacanien. Qui dit champ lacanien dit aussi autres champs. Je trouve toujours un peu dommage que nous ayons tendance à les balayer d’un revers de main, cela me paraît à l’opposé de ce que promeut la psychanalyse. Et donc avant d’en venir au réel de la différence je voudrais évoquer quelqu’une qui vient d’un autre champ.

Joan Scott est une historienne américaine qui s’est d’abord intéressée au mouvement ouvrier français avant de travailler sur l’histoire des femmes. Interrogée sur le centre de gravité de sa recherche, elle répond que « peut-être qu’au fond, [s]a question a toujours été celle des rapports de force dissymétriques.[16]» Elle extrait justement, de façon juste, ce qu’a été pour elle la psychanalyse.

Ses travaux sur l’introduction de la notion de genre dans l’historiographie sont d’abord une façon de faire un pied de nez à la police linguistique[17] et à toutes les constructions qui viseraient à forclore le sexe et empêcher la problématisation de la différence sexuelle. Aussi la rejoignons-nous quand elle reconnaît à la psychanalyse « de faire de la masculinité et de la féminité un problème permanent, plutôt que des rôles socialement admis. Elle met l’accent sur l’énigme de la différence des sexes […] impossible à symboliser, […] les tentatives pour le faire — les règles, les idéaux, les mythes, les contes — échouent à remplir leur office : la différence reste inexplicable, elle est le site où la question du rapport du biologique au culturel est sans cesse posée. » Joan Scott distingue donc la différence des significations de cette différence dont la stabilisation est toujours manquée ; ainsi, elle se propose de faire une histoire des significations variables de la différence des sexes.

Son travail d’historienne l’a conduite à observer les efforts constants de redéfinition des frontières entre les hommes et les femmes. Si en 1986, dans son article sur l’utilité de la catégorie du genre, elle résistait franchement à l’intérêt de la psychanalyse dans l’approche historique, estimant qu’elle figeait les catégories du masculin et du féminin, son engagement personnel dans une analyse, au cours des années 1990, a modifié son approche.

Voici comment elle en parle : « amenée à donner des cours sur des textes que je connaissais mal, pour me laisser convaincre de l’intérêt de l’approche analytique dans le champ même de l’histoire, [j]e me rappelle l’année que j’ai passée à lire Freud, où je tentais de persuader des étudiantes féministes d’abord très hostiles, parce qu’il avait écrit que « l’anatomie c’est le destin » : il fallait apprendre à le lire sans accepter ces stéréotypes. L’année suivante, nous nous sommes plongés dans les écrits de Lacan, à raison d’une cinquantaine de pages par séance. La veille de chaque cours, je ne dormais pas, j’avais l’impression de ne rien y comprendre. J’arrivais et disais : « je suis perdue comme vous, il va falloir que nous cheminions ensemble ». J’avais abdiqué la maîtrise. Et cela a peut-être été le meilleur des cours que je n’ai jamais donnés ! Il y avait des moments d’éclat de compréhension ! C’est dans ces années-là que la possibilité de penser ensemble psychanalyse, genre et histoire a émergé pour moi. L’inconscient travaille avec les représentations culturelles disponibles à une époque donnée… Le genre, c’est justement cela : une régulation normative qui, en fixant les rôles à un moment donné, tente de produire une réponse qui rende la question même impossible à poser.[18] » . Le rapport du sujet au sexe reste une énigme.

Comment les femmes comptent ?

Si l’anatomie décidait encore jusqu’à il y a peu de l’état civil, l’anatomie ne commande ni au désir, ni à la pulsion, et le sexe anatomique n’est pas le sexe érogène. Bien sûr le sex ratio, ce qu’on peut appeler justement le rapport numérique des sexes, nous amène sur la pente d’une distribution binaire, répartissant de façon plus ou moins égale dans l’espèce et sans qu’on en sache la raison, les mâles et les femelles. Lacan a cherché la nécessité logique de cette répartition « naturelle » du vivant sexué, inscrivant dans les formules de la sexuation, non pas ce qui relève des contraintes de la nature et du vivant mais ce qui relève des contraintes du langage. Au sex ratio Lacan articule la sexuation. Notons qu’il en appelle à ce néologisme pour nommer la façon dont un sujet se rapporte à la fonction phallique. Nous allons vers un temps où l’on pourra peut-être choisir son anatomie, il n’en restera pas moins que l’on ne saurait choisir le réel. Il n’y a donc pas à confondre le réel et l’anatomie. Certes,  il y a deux sexes anatomiques mais du point de vue de l’inconscient, il n’y a qu’un sexe, l’hétéros, et le phallus. Freud soutient en 1923 qu’un seul organe génital joue un rôle déterminant, l’organe mâle. Dans le même temps Freud prend acte de qui reste énigmatique du côté féminin. Il n’oppose pas avoir un pénis et avoir un vagin mais introduit une opposition entre la présence et l’absence d’un terme qui tient du et au mystère : le phallus. Faisant du phallus un signifiant du désir, Lacan va déplacer cette opposition entre avoir ou pas à  l’être ou  l’avoir (n’être pas sans l’avoir et être sans l’avoir) et donc va essayer de dégager la logique du rapport du sujet au sexe d’une logique attributive. Il distingue le phallus imaginaire (- phi), du phallus symbolique (impossible à négativer), et du phallus réel (« il n’y a que le phallus pour vérifier le réel et le seul réel qui vérifie quoi que ce soit c’est le phallus »[19]). Ces distinctions sont tout autant fondamentales que complexes.

En passant du phallus comme signifiant au phallus comme fonction, comme Le Gaufey[20] le fait remarquer, Lacan « féminise » et adjective le phallus, accentuant l’asymétrie entre l’homme et les femmes dans ses formules de la sexuation. Là où il n’y a pas de rapport sexuel, il y a le rapport qu’inscrit la fonction phallique, non pas entre les sexes, mais, entre les êtres parlants et la jouissance. Il n’y a pas deux sexes ou deux genres dont la psychanalyse garderait les normes. Il y a deux modes de jouir qui ne se rencontrent pas. C’est ça l’énorme !  Le phallus est l’empêcheur de penser en base 2.  Il y a plus d’un mais pas deux !  La fonction phallique n’effectue aucune partition puisqu’elle est « pour tout x ».

Comment ne pas reverser dans le binarisme ? En effet, le phallus et le féminin, si ça fait deux, comme l’on dit en français pour insister sur l’incompatibilité de deux éléments, ça ne fait pas deux sexes, mais bien d’eux, sexe ! Ce deux que Lacan n’a pas cessé d’apostropher, car en effet, note-t-il, « par un curieux retour, chaque fois que nous avons affaire au nombre deux, voilà le sexe, au moins dans notre mental, qui fait son entrée par une petite porte, et d’autant plus facilement que du sexe, on ne sait rien.[21] »

Quelle que soit son anatomie, quel que soit son genre, le sujet aura à se débrouiller d’eux, soit de l’Un et de l’Autre, du phallus et du sexe.

Pas étonnant dès lors que suivre l’effort que Lacan fait pour fonder la différence, exige de nous un rude devoir de lecture, requière un lecteur qui y mette du sien.  Par exemple, dans sa leçon du 17 février 1971 lors du séminaire D’un discours qui ne serait pas du semblant, il commence par le chinois, par la langue chinoise, pour avancer sur la question qui nous préoccupe. Il y prend appui pour poser la fonction de l’écriture, comme ce qui permet de fonder  « la différence infinie » entre la nature et la nature humaine.  Si l’écrit est second par rapport à toute fonction du langage, néanmoins, sans l’écrit, il n’est pas possible de venir questionner ce qui résulte de  l’effet de langage.  L’écrit on peut le réduire à un trait – j’avais parlé de cela à Rennes dans une magnifique journée sur l’art et la psychanalyse – le trait c’est aussi le caractère, l’irréductible (cf. Un drame bien parisien). Lacan poursuit avec l’être et l’avoir, puis  il revient au trait via le quadrant de Peirce pour en venir au nombre «  comme le seul réel reconnu d’abord dans le langage[22] » comme il le dira dans l’Etourdit un peu plus tard. Cet écart entre un signifiant et un nombre, ne rejoint-il pas ce fait clinique du sexe comme passager clandestin du nombre ?

Qu’il soit question des mille e tre de Don Juan, du troisième homme, du manifeste des 343 salopes, du collectif des 100 femmes, etc. le surgissement du nombre dans la parole d’un sujet, avec la part d’indéchiffrable qui lui est propre,  ne pointe-t-il pas autre chose que la quantité, soit le réel du sexe ?  Dans son introduction à l’édition allemande de ses Ecrits, Lacan articule les nombres, en tant qu’ils sont du réel « quoique chiffré », et leur sens qui dénote leur fonction de jouissance sexuelle. Ce sens n’a rien à voir avec leur fonction de réel, mais il ouvre un aperçu sur ce qui peut rendre compte de l’entrée de réel dans le monde de l’ « être » parlant ». Lacan ne minimise pas le travail requis pour élucider ce nouage, car « si l’inconscient témoigne d’un réel qui lui soit propre, c’est inversement là notre chance d’élucider comment le langage véhicule dans le nombre le réel dont la science s’élabore.[23] »

J’aurais aimé vous parler plus avant de cette question, j’étais allée d’ailleurs  jusqu’à imaginer un premier titre à cette intervention : Comment les femmes comptent ? Ce qui nous aurait amené certainement à interroger la puissance du soustractif. Car en effet n’est-il pas plutôt de bonne augure qu’il existe un x qui reste revêche à l’unité, un x qui n’appartienne pas à quelque tout, un x qui objecte à proférer universellement d’une femme?

De la frontière

La question de la frontière rejoint celle de la distinction et d’une place pour la particularité. La possibilité de tracer un trait change énormément de chose. Tous ceux qui travaillent avec des enfants le savent. La coche c’est le support du signifiant (Cf. le séminaire sur L’identification) et le signifiant connote la différence absolue.  C’est aussi la question de la fonction de la rature. Mais la question ici est la suivante : qu’est ce qui permet de tracer un trait ?  Dans notre actualité, cette question de la frontière retentit de façon dramatique et très souvent mensongère. La frontière circonscrit la différence, elle la rend possible. Je sais que vous êtes ici un certain nombre à vous préoccuper très sérieusement de ces questions autour de l’exil. Il y aurait matière à bien des développements et à distinguer la façon dont le discours du maître traite cette question de celle qui revient au discours analytique.

Sur le plan du signifiant, il y a au moins deux façons d’aborder cette question de la frontière. La première façon insiste sur la ligne, le trait et l’autre insiste sur l’espace « entre ».

Il y a bien sûr ce paradoxe du limes désignant à la fois – comme le fait le poinçon du fantasme, notons-le-  ce qui relie et ce qui sépare, connu depuis longtemps. Qu’on  traduise limes par lisière, bord, confins, raie, seuil, sillon, fente, séparation, voie rompue, ligne de front, frontière, coupure, lézarde, plaie, incision, etc. et c’est déjà un monde qui se dessine ! N’est-ce pas ce que chantait ce géomètre de hasard  qui savait poser un soleil sur la mélancolie, Léo Ferré ? « Cette blessure où meurt la mer comme un chagrin de chair, où va la vie germer dans le désert […] cette blessure d’où je viens, cette blessure où va ma lèvre à l’aube de l’amour  […] Cette blessure qu’on voudrait coudre au milieu du désir, comme une couture sur le plaisir, qu’on voudrait voir se fermer à jamais, comme une porte ouverte sur la mort, cette blessure dont je meurs. »

Et il y a donc cet espace entre deux territoires, ou entre deux signifiants. Lacan dans son séminaire RSI invitait à réfléchir à cet « entre ». Il jouait, comme il savait si bien le faire, des ressources de lalangue, «  c’est mon « tentrisme à moi »  disait-il pour inviter  son auditoire à s’intéresser à la mésologie, science qui a pour objet l’étude des milieux.  Qu’est-ce qu’il y a entre ? Entre le Réel et le Symbolique ? Entre le Réel  et l’Imaginaire? Entre l’Imaginaire et le Symbolique ?

La question du limes nous amènerait plutôt du côté de la science qui étudie les voisinages, la topologie. Dans la construction du nœud borroméen Lacan va, dans ce séminaire, dans la leçon du 21 janvier 1975 de RSI, faire surgir quelque chose qui articule me semble-t-il le limes et le « entre », une sorte d’axe-frontière, comme le nomme Michel Bousseyroux. N’est ce pas ce bougé qui l’amène à distinguer le phallus de la jouissance phallique et à poser le phallus autrement que corrélé au symbolique mais comme « la consistance du réel » ?

L’ouverture de chaque rond en une demi-droite infinie délimite trois plans ouverts : le plan de l’inconscient, celui du préconscient et celui du phallus. On peut lire dans ce dessin que le phallus n’y est plus d’ordre symbolique.

C’est bien dans cette espèce d’espace topologique que l’être parlant a à se retrouver. Prendre acte du réel de la différence ne revient-il pas à affirmer la coexistence de deux axes contraires, l’un qui énonce la mise en rapport (ce que l’on fait chaque fois que l’on pense, parle ou écrit) et l’autre qui énonce le non-rapport (le « y a pas de rapport » qui ponctue les dits d’un analysant orientés par l’association libre) ? N’est-ce pas également affirmer les fonctions distinctes du signifiant et de la lettre ? Alexandre Faure a rappelé très justement à mon attention l’usage du terme de « littoral » par Lacan. En effet, à relire « Lituraterre », Lacan convoque le littoral comme le domaine qui fait pour un autre, frontière, « de ce qu’ils sont étrangers, jusqu’à n’être pas réciproques ».

Le réel de la différence

Déjà pour les Grecs l’apeiron – le sans limite, l’indistinct – est le fond sur lequel vont émerger des couples d’opposés : le sombre et le lumineux, le chaud et le froid, le sec et l’humide, qui vont délimiter dans le monde des provinces diverses. J’avais tenté d’aborder en reprenant après Lacan, que les enfants ont raison d’avoir peur de l’obscurité. S’il y a bien la Nuit qui fait la paire avec le Jour, n’y en a-t-il pas au moins une autre, toujours plus ancienne que l’astre qui l’interrompt ? Cette nuit-là n’est-elle pas l’occasion de mettre en évidence quelque chose qui ne relève pas de l’opposition signifiante ? Ce serait pertinent de trouver un éclairage (sic !) du même ordre en ce qui concerne la différence, une différence autre que signifiante.

Le phallus permet une excursion hors de la binarité. Dans les formules de la sexuation « être présent d’un côté » n’est pas équivalent à «  être absent de l’autre côté ».  La différence, indéniable, ne permet pas de substantialiser les termes qu’elle oppose. Lacan fait du  phallus le signifiant de la différence, ce qui fonde la différence autrement qu’en termes binaires. Il y a un seul signifiant, le phallus, et le phallus ce n’est pas le sexe, bien plutôt « horsexe » comme l’écrit Lacan dans le séminaire Encore.

Au commencement de l’histoire de la pensée, les Grecs ont posé la limite –pera, ce qui borde. David Bernard a également rappelé cela dans son intervention à Bordeaux. Dans ma petite ville de Tarbes, il y a en ce moment  une exposition, L’être seuil, prospective des murs #2 où l’artiste, Sandra Lorenzi, tisse « l’histoire de l’exil de la République espagnole à la poétique du sacré, les souffrances humaines aux récits mythologiques[24] ». Une construction labyrinthique perturbe la déambulation du spectateur invité à suivre la quête du personnage central « l’être seuil ». L’artiste crée ainsi un espace singulier, à la fois un centre et une périphérie, un dedans et un dehors, un lieu collectif et un espace intime, un espace de recherche et un espace d’exposition. Tour à tour invité à être le passage, le passant ou le passeur, se dessine un impossible côtoiement qui requiert de se faire une conduite avec des voisinages indécents et de savoir y faire avec  une configuration mobile des effets de bord[25]. Ce qui rend l’espace vivable, c’est ce qui permet qu’on le traverse, une passe d’ailleurs est, à cet égard, plus pertinente qu’un seuil !

Ce qui tient les humains ensemble c’est leur séparation, c’est cela le commun. Il n’y a pas de partition produite par la fonction phallique. Il n’y a pas, dans les formules de la sexuation, de x et de y mais un x universel désignant le parlêtre aux prises avec la jouissance liée au sexe et au langage  (Pour tout x Phi de x).

Avec les formules de la sexuation, Lacan tente de faire apparaitre une dissymétrie irréductible qui ne repose sur aucun trait. La différence pure ne doit rien aux propriétés, puisque les fondant, elle leur est antérieure. Le sexe  est cet Autre absolu, sans opposé, dont la différence ne repose pas sur la différence des propriétés puisqu’elle les précède.

Couleur de sexe

Cette différence absolue, cette disparité fondamentale, cette dysharmonie essentielle, peut cependant permettre un accord –et non un rapport-  comme on peut parler d’un accord entre deux couleurs. Cette différence qui ne relève pas d’un jugement d’attribution, amène Lacan à dire dans la leçon du 9 mars du séminaire Le sinthome : « Dans le sexe, il n’y a rien de plus que, […] l’être de la couleur.[26] » Cet être de la couleur, la couleur qui n’a aucun sens,  suggère qu’il peut y avoir homme couleur de femme, ou femme couleur d’homme. Mieux vaudrait donc garder « couleur » d’un sexe pour un autre, « sans quoi ce serait la couleur monstrueuse du neutre qui envahirait le parlant. » disait Bruno Geneste à Bordeaux.

Vous connaissez certainement l’album de Leo Lionni Petit- Bleu et Petit-Jaune[27]. Petit-Bleu est à la maison avec Maman-Bleu et Papa-Bleu mais quand il va à l’école, il a des amis de toutes les couleurs. Son meilleur ami est Petit-Jaune qui habite dans la maison d’en face avec Maman-Jaune et Papa-Jaune. Un jour, alors que sa maman l’a laissé tout seul, Petit-Bleu part à la recherche de son ami. Tout heureux de se trouver, ils s’embrassent. Ils s’embrassent si fort qu’ils en deviennent … verts, sans bien évidemment se rendre compte de ce changement. Ils poursuivent leurs explorations, leurs jeux, ils rencontrent d’autres potes et quand ils sont fatigués ils rentrent chacun chez eux. Mais évidemment ni les parents Bleu, ni les parents Jaunes ne reconnaissent leur enfant dans ce vert ! Cela  rend Petit-Bleu et Petit-Jaune très tristes et ils se mettent à tant pleurer qu’ils fondent en larmes jaunes et bleues. Les parents Bleus tout heureux de retrouver leur Petit-Bleu l’embrassent et dans leur joie, ils embrassent également Petit-Jaune et …devenant verts, ils comprennent ainsi ce qui s’est passé !

Si vous lisez cette histoire à un enfant de quatre, cinq ans, vous verrez que l’histoire ne s’arrête pas de sitôt ! Car chacun ira de son inventivité pour chercher comment embrasser l’autre sans risquer de se mélanger ! De quoi interroger la différence entre Héteros, un autre, Homo : un autre pareil et  Allos : un semblable identique en tous points.

Dans le séminaire Le sinthome une question tracasse Lacan, il s’y avise que  colorier les nœuds ne suffit pas à les distinguer, il faut les orienter[28]. Vous avez là une idée de la complexité à l’œuvre dans ce réel de la différence.

La différence absolue, que Lacan évoque à la fin du séminaire livre XI, serait telle qu’entre  les deux éléments qu’elle sépare, il n’y aurait même pas elle pour faire le moindre lien, quelque chose comme « la rature d’aucune trace ».

Pour conclure avec la couleur JLG

Puisque j’ai commencé par Masculin-Féminin je vais conclure également avec la couleur JLG ! Dans une scène du film,  Michel Debord fait remarquer à Jean-Pierre Léaud :

« – Tu as remarqué dans le mot masculin il y a masque et il y a cul.
– Et dans féminin ?
– Y a rien ! » répond Debord « 

Ce rien, pour Godard, ce n’est pas le néant. Ne serait-ce pas plutôt le lieu de ce « droit au rien » dont Lacan parle dans L’identification[29] ? Ce rien du quadrant de Pierce, ce lieu où il n’y a rien, aucun trait, est celui qui crée le peut-être, la possibilité.

Dans l’inconscient, le sexe ne s’inscrit sous aucun signifiant, ce que Lacan note S(A barré), ce mot qu’on ne saurait écrire mais qu’on peut faire résonner. Un rien, un rien dont il s’agit dès lors de préserver les droits, insiste Lacan.

N’est-ce pas ce que Godard  tente en terminant son film par le mot FEMININ, qui s’écrit sur le noir de l’écran et dont une déflagration, récurrence sonore dans le film, fait disparaître les lettres superflues, pour écrire le mot de  FIN ?

 

[1] J.L GODARD, Masculin, féminin, Argos film, 1966.
[2] M. BOUSSEYROUX, Penser la psychanalyse avec Lacan. Marcher droit sur un cheveu, Erès, 2016, p.221.
[3] J.L NANCY, Sexistence, Galilée, 2017, p.115.
[4] Cf. notamment ses ouvrages Au risque de la topologie et de la poésie. Elargir la psychanalyse, Erès, 2011, Penser la psychanalyse avec Lacan, op.cit., La réson depuis Lacan, Stilus, 2018.
[5] B. GENESTE, « La possibilité d’un troisième sexe », intervention à la journée nationale des Collèges clinqiues à Bordeaux le 17 mars 2018, inédit.
[6] J. LACAN, « Conférence au Centre Culturel Français  à Milan », 30 mars 1974, in Lacan in Italia, Milan, La Salamandra, 1978, p.104-147.
[7] J. LACAN, Le séminaire XIXou pire, 2011, Seuil, p.178.
[8] M. BOUSSEYROUX,  « Les sexes, le sexe, le horsexe et l’être pour le sexe » in La réson depuis Lacan, op.cit.
[9] A. ALLAIS,  “Un drame bien parisien”, in La logique mène à tout , choix établi par F. Caradec, Pierre Horay éditeur, 1976, p.181-187.
[10] J. LACAN, …ou pire, op.cit. p.40.
[11] J. LACAN, « La chose freudienne » in Ecrits, Seuil, 1966, p.413.
[12] J. LACAN, “L’Autre manque” in Ornicar ? n°20-21, Janvier 1980, p.12.
[13] J. LACAN, « Le malentendu » in Ornicar ? n°22-23, 10 juin 1980, p.12.
[14]  J. LACAN, Le séminaire Livre XX, Encore, Paris, Seuil, 1975, p.73.
[15] M.J LATOUR, « D’eux, sexe » in Revue Champ Lacanien n°17,  EPFCL-France, 2015.
[16] J. SCOTT, « Hystory trouble » in Vacarme n°66, 11 janvier 2014. Je remercie Nicole Rousseaux-Larralde qui m’a signalée le travail de cette historienne.
[17] J. SCOTT, « Le genre, une catégorie d’analyse toujours utile ? »,  in Diogène n°225, PUF, 2009.
[18] J. SCOTT, « Hystory trouble », op.cit.
[19] J. LACAN, Le séminaire Livre XXIII, Le sinthome, Paris, Seuil, 2005,  p.118.
[20] G. LE GAUFEY, Le pastout de Lacan, consistance logique, conséquences cliniques, EPEL, 2006, p.66.
[21] J. LACAN, Le séminaire Livre XVI, D’un Autre à l’autre, Paris, Seuil, 2006, p.222.
[22] J. LACAN, « L’étourdit », in Autres écrits, Seuil, 2001, p.481.
[23] J. LACAN, « Introduction à l’édition allemande des Ecrits », in Autres écrits, op.cit
[24] M. GENTET, commissaire de l’exposition, in Guide de visite  Sandra Lorenzi, L’être seuil, exposition du 8 février au 7 avril 2018, Le Parvis, centre d’art contemporain.
[25] M. MACE, Sidérer, considérer. Migrants en France, Lagrasse, Verdier, 2017.
[26] J. LACAN, Le séminaire Livre XXIII, Le sinthome, op.cit. p.116.
[27] L. LIONNI, Petit-Bleu et Petit-Jaune, L’école des Loisirs, 1970. Je remercie Marie Vaudescal qui a rappelé cet album à mon attention.
[28] J. LACAN, Le séminaire Livre XXIII, Le sinthome, op.cit. p.111.
[29] J. LACAN, Le séminaire Livre IX,  L’identification, inédit, leçon du 7 mars 1962.

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