Rennes (23/03/2019)
Journée Nationale des Collèges de Clinique Psychanalytique

La Journée nationale des collèges de clinique psychanalytique réunit les 6 collèges de l’EPFCL à Rennes pour traiter du thème choisi en commun :
Parole et Violence

 

L’articulation de la parole à la violence pourrait paraître aller de soi. Tel n’est pourtant pas le cas. Sans doute peut-on considérer que la parole vaut mieux que la violence, qu’elle peut, dans les meilleures opportunités, permettre de se mettre en travers d’y mettre un frein, et même de l’arrêter. Dit comme ça c’est une banalité, le bon sens le dirait aussi bien que le psychanalyste. Reste à savoir comment ce dernier s’y prend. Et Lacan, dès le début de son enseignement, nous explique pourquoi et comment la parole, sinon guérit, du moins réduit la violence. Celle-ci surgit lorsque la médiation de la parole, l’ordre symbolique, n’est pas, pas encore, ou plus, à sa place, et que ce qu’il appelle diagonale imaginaire, dans le schéma L qu’il a produit, se trouve désarrimée, en roue libre. Il s’est servi pour ça du phénomène du transitivisme, bien connu depuis qu’il l’a remis au gout du jour, présent chez le tout petit enfant, lorsqu’il n’a pas encore intégré la fonction langage et qu’il confond son semblable avec lui-même, il frappe l’autre et pleure d’avoir été frappé. Ça se complique de ce que ce moment n’est pas unique, cette image du même s’avère être un pas nécessaire, qui est illustré par la place essentielle qu’occupe le complexe d’intrusion dans la présentation lacanienne des complexes. Mais ce moment n’est jamais complètement acquis, et ses défaillances ne cessent pas de se manifester tout au long de la vie, lorsque la position du sujet est brutalement ou progressivement remise en cause. La clinique est là pour constater le fait mais aussi lui répondre avec le seul moyen dont elle dispose, la parole. Mais voilà que la parole elle-même, on le sait, peut exercer violence, au-delà de ce qu’on considère comme des actes violents. Et Lacan lui-même, en annonçant que le dire est un acte, revisitant ce qu’est l’acte, entre passage à l’acte et acting out, examine la question de la violence d’une parole. La clinique va osciller entre la violence du traumatisme subi, avec l’eort de mettre en mots cette rencontre avec le réel quel que soit le mode de ce qui est subi, et la violence des mots qui l’accompagnent et le suivent. Et comment ne pas prendre en compte tout spécialement ce qui du traumatisme implique la dimension sexuelle ? N’est-ce pas la violence par excellence, ce que le mot « viol » indique très clairement ? Car le sexe fait violence, selon la leçon freudienne toujours aussi moderne, à condition de bien suivre ce qui relève de la structure intemporelle et ce que l’époque met en scène, ce en quoi les mœurs varient aussi bien que les réponses actuelles. La clinique est un terrain propice à notre examen. Parmi ces mots qui répondent à la violence, il y a aussi les paroles qui se veulent réconfort et n’ont pas toujours l’eet attendu, y compris le dire de l’analyste qui peut décider de la résolution de la violence, mais aussi parfois se précipiter comme il ne faudrait pas, sans bien mesurer que l’eet pour le sujet n’est pas donné d’emblée. C’est ainsi par exemple que la violence supposée du silence de l’analyste, au même titre que sa parole, aura à être questionnée. Parole contre violence, violence de la parole, c’est à débrouiller cet écheveau que nous nous attèlerons au cours de cette journée. Jean-Jacques Gorog

Le programme des interventions est à télécharger en pièce jointe

La journée est ouverte au public

Les différents tarifs sont détaillés sur le bulletin d’inscription
(Tarif plein / étudiant / inscrit dans un CCP hors CCPO)

Il est également possible de déjeuner sur place et / ou de s’inscrire à la soirée du samedi. L’inscription se fait séparément.

 

Chargement de la carte…
  • Date(s) : 23/03/2019
  • Horaires : 9h00 - 17h30
  • Lieu : Couvent des Jacobins 6 Rue d'Echange Rennes
  • Tarif plein : 75 €
  • Tarif réduit : 25 €