« J’ai des pertes d’oubli » du Trop au trou

Texte d’une intervention au Collège de Clinique Psychanalytique de l’Ouest

Je vais ouvrir mon propos par une vignette clinique. Il s’agit d’un jeune garçon que j’ai rencontré lorsque je travaillais en Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile. La façon dont je vais vous parler du traumatisme sera empreinte de cette expérience, de ce que ces sujets confrontés à l’effraction du réel m’ont enseigné.

Le trauma n’est jamais là où on l’imagine

Je rencontre Ilan, quatre ans, pour des cauchemars intenses : il se réveille chaque nuit en hurlant. Sa mère qui l’accompagne m’explique qu’ils sont tombés du zodiac qui traversait la Méditerranée ; le zodiac s’est renversé ; toute l’équipée s’est retrouvée en pleine mer. En ce qui les concerne tous les deux, elle avait un gilet de sauvetage, pas lui. Ils ont passé trois heures dans l’eau avant l’arrivée des secours. Sa mère explique l’avoir tellement serré contre elle qu’elle en a eu la circulation du sang coupée ; elle s’apprête à m’en montrer les cicatrices lorsqu’Ilan la coupe et s’écrie : « Et ben moi, quand j’étais dans l’eau, il y avait plein de requins ! Les requins, ils venaient ! Et il y en a un qui a sauté, il a essayé de me croquer mais moi, j’ai sorti mon couteau et pah! Je l’ai attaqué moi le requin ! »

Je le recevrai seul dès la séance suivante, guidée non par le réel de l’immersion dans l’eau auquel il a eu affaire, mais par son dire : l’Autre veut le croquer, et il se défend ! Ilan a affaire à la mère, non pas à la mer Méditerranée, mais à la sienne : ce qu’Ilan a à traiter, c’est la question du désir de sa mère qui l’étreint de son amour débordant et risquerait de le croquer, comme ce requin contre lequel il se bagarre vaillamment. « Après, j’avais vu quelque chose en bas de la mer, un gros poisson, un poisson qui mange ses petits bébés », précisera t-il à l’entretien suivant. L’hypothèse de son angoisse d’être dévoré semble se vérifier : ce qu’il est en train de traiter et qui le réveille, c’est la question de sa castration et celle de l’Autre.

Le trauma n’est jamais là où on l’imagine. Un événement aussi horrible soit-il n’est jamais traumatique en soi ; ce qui fait traumatisme est toujours ailleurs que là où on l’attend. Banalité, me direz-vous, c’est pourtant ce à quoi on a affaire, en particulier dans les institutions, lorsque des éléments de l’histoire du sujet circulent et viennent à priori faire événement. Quand je dis institution, je pense également à la première des institutions : la famille. Pour cette mère, son fils cauchemarde parce qu’il est tombé dans l’eau sans gilet et qu’il a failli y rester. D’une manière générale, ces événements indésirables, accidents de la vie du sujet, viennent comme postulat des symptômes. Les parents qui accompagnent leur enfant arrivent souvent avec un savoir déjà-là : c’est à cause du décès d’un tel, du déménagement, de la séparation, etc. Et cet engouement à pointer la cause risque de nous concerner tous, surtout si l’événement est du côté de la catastrophe, de l’horreur. Il arrive aussi que le sujet lui-même se présente avec une scène particulière qui exerce sur lui une sorte de fascination et agit comme un explicatif évident, un trauma qui se présente comme cause.

Si brandir la carte du traumatisme vient souvent comme prêt–à–penser (je devrai plutôt dire comme prêt–à–ne–pas–penser), ne nions pas pour autant que cette volonté de trouver LA cause explicative vient parfois appuyer une construction logique, dont le sujet se soutient pour orienter son existence : je pense là notamment aux cas de psychoses. Il peut donc y avoir une fonction à cette recherche de causalité qu’il ne s’agirait pas de vouloir balayer trop rapidement. Je ferme cette parenthèse introductive sur la fascination que peut produire un événement « à potentialité traumatique » comme on dit, pour souligner que pour le sujet de l’inconscient, cela se passe sur une autre scène.

Écho traumatique

Pour l’enfant évoqué à l’instant, ce qui le fait cauchemarder renvoie au désir de la mère à son encontre : un amour débordant qui ne le lâche pas. Comment va t-il s’y prendre pour s’en extraire ? Voilà sa question, qui est de l’ordre de la construction de sa névrose infantile, le « trauma bénéfique », comme l’a sous-titré Martine Menès1, le trauma fondateur du sujet au sens où il structure le rapport du sujet à l’incomplétude de l’Autre. Peut-on dire alors que l’événement contingent peut venir précipiter la question de la névrose en construction ?

Rappelons qu’il y a en somme deux conceptions du traumatisme en psychanalyse avec lesquelles il nous faut composer, non sans difficulté : l’aspect structurel du trauma et l’aspect contingent. Colette Soler souligne la distinction de ces deux types de traumatismes en indiquant : « Quand vous recevez les tours sur la figure, quand vous recevez les tripes du voisin sur la figure, ce n’est quand même pas tout à fait la même mesure que le traumatisme sexuel que l’on déchiffre dans l’inconscient. Et on ne va pas arriver du tout à faire saisir notre point de vue si on ne prend pas en compte qu’il y a une strate où l’inconscient est débouté. […] L’inconscient revient bien sûr dans les suites. Il n’y a jamais d’exclusion de la position subjective et de l’inconscient, mais dans le traumatisme même, on est à un niveau je dirais plus réel2. » Dans le coup du réel, le sujet de l’inconscient, rejeté, reste suspendu dans l’instant traumatique, mais il revient dans l’après-coup, et nous savons la place centrale que lui a accordée Freud : l’après-coup, que nous pourrions appeler le travail de métabolisation traumatique en somme.

J’en reviens à ma question : dans ce temps d’élaboration du trauma, est-ce que les deux dimensions du trauma – trauma structurel et situation traumatique – trouvent à s’articuler ? La clinique nous enseigne que ces situations de l’extrême peuvent précipiter une question à l’œuvre dans la névrose. Comme si l’événement confrontant le sujet au réel de la mort ou du sexuel venait relancer et précipiter l’enjeu d’une réponse, réponse qui n’est rien d’autre au fond… que la névrose qui se réactualise. Rappelons ce qu’indique Lacan : « La névrose hystérique comme la névrose obsessionnelle supposent dans leur structure les termes sans lesquels le sujet ne peut accéder à la notion de facticité au regard de son sexe dans l’une, et de son existence dans l’autre. A quoi l’une et l’autre de ces structures constituent une sorte de réponse3. » C’est une indication précieuse pour le travail d’élaboration du traumatisme, car la névrose à l’œuvre devient là un point d’appui au travail psychique, un fil à tenir en somme dans la visée de la cure. Pour éclairer mon propos, je vais vous parler de Mme D, une de mes premières rencontres au Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile. Ce qu’elle m’a appris n’a cessé de guider ma pratique auprès de ces sujets qui font face à l’envahissement traumatique.

Sa question, sa réponse

Mme D vient me rencontrer pour des cauchemars qui la hantent chaque nuit, et qui, dit-elle, répètent inlassablement le viol dont elle a été victime. Séance après séance, Mme D témoigne de ce passé qui ne passe pas, chaque nuit le même cauchemar qui se répète ; elle semble comme engluée dans cet espace–temps que je me contente d’accueillir, n’osant pas trop intervenir devant ce tableau figé. « Je veux tout oublier », telle est sa demande qu’elle m’adresse et qui revient sans cesse, comme ce réel auquel elle a affaire. Elle ne veut plus dormir, de peur que cela revienne encore. Elle ne déplie pas, semble juste pouvoir être là, sans pouvoir en dire plus ; ce « tout » qu’elle indique vouloir oublier apparaît comme un monobloc. Lors d’une séance, je me risque à interroger un peu : est-ce qu’un élément de détail lui revenait particulièrement ? Quelque chose qui insistait plus qu’autre chose ? Un petit « truc » ? Cela aura pour effet de produire un bougé dans sa prise de parole ; elle précise : « Je ne sais pas, je n’ai rien vu… Quand ils m’ont pris, je me suis évanouie. » Elle n’a rien vu. Le dernier moment dont elle se souvient, c’est le regard de son mari et ce qu’elle lit dans ses yeux lorsqu’elle comprend que ces hommes vont la violer devant lui. C’est l’insupportable vision de se voir, elle, dans son regard à lui, qui la fait s’évanouir : quitter la scène, disparaître sera au fond sa réponse à l’insupportable. Une fois soulignée la dimension subjective de sa réaction à l’écrasante jouissance de l’Autre, sa subjectivité paraît à nouveau pouvoir s’engager et les cauchemars vont peu à peu céder. Là où elle n’était plus qu’objet de jouissance, l’évanouissement lui appartient. C’est ce que m’a enseigné en premier lieu Mme D : le sujet a toujours à répondre de ce qui lui arrive, et c’est en tirant le fil de son inscription dans l’événement qu’il pourra un peu, peut-être, se dégager de l’écrasement sous le poids du réel. Ne pas considérer le sujet comme victime en somme, et viser qu’il puisse entendre son implication subjective dans ce qui lui arrive. Revenons à Mme D. et ses cauchemars répétitifs. Au fond, qu’est-ce qui insiste ? Bien sûr, ce qui insiste dans la répétition a à voir avec ce qui ne s’est pas inscrit, qui reste hors symbolique. Et si ce qui lui tombe dessus est de l’ordre du réel, quelque chose restera toujours inarticulable. Il ne s’agira pas, comme on l’entend parfois, d’essayer de donner du sens à ce qui n’en a pas. Alors, question triviale peut-être, mais néanmoins nécessaire : qu’est-ce que permet l’offre de parole ? En guise de réponse concernant Mme D, soulignons que ce qui apparaît et la fait disparaître, et il a fallu un certain temps pour que la parole puisse circuler à cet endroit, c’est l’objet regard. Elle commence par dire « je n’ai rien vu », alors que justement elle a trop vu, pourrait-on dire ; elle s’est vue dans le regard de l’autre. Cette image fixe touche à sa propre image. Point de déchirure. La rencontre fortuite avec cet éclat de réel vient convoquer le sujet dans sa dimension d’existence même, et renvoie à un point structurel, à l’origine de sa construction névrotique : Qui suis-je pour l’Autre ? Car ce regard révèle aussi ce qui la regarde, « et c’est en cela que la scène est traumatisante4 ». Point de réel rejeté hors du cadre fantasmatique. Rien ne fait plus poinçon entre le sujet et l’objet regard, le fantasme vacille et échoue dans sa fonction d’écran. Pris dans sa totalité, le sujet cède à la situation : point d’évanouissement, de fading, ce que fait Mme D dans le réel de son corps même. J’ai idée que sa prise de parole aura permis que s’ouvre une voie d’accès au « hors-je », que derrière ce qui se répète, puisse s’entendre le sujet de l’inconscient qui cherche à se dire.

Le sujet de l’angoisse derrière l’image-écran du cauchemar

C’est également ce qui se joue dans les cauchemars. Précisons la question : qu’est-ce qui y insiste ? On sait depuis Freud que « la contrainte de répétition vient à la place de ce qui n’a pas pu être remémoré5 ». J’en viens au choix de mon titre : « J’ai des pertes d’oubli », éloquente formulation d’Abdou, qui condense avec justesse ce qu’il en est pour lui du trop qui ne se laisse pas oublier. Abdou ne dort pas ; les dix jours de tortures subies lors de son enfermement lui reviennent sans cesse. Impossible d’oublier l’événement, mais impossible également de s’en souvenir, au sens d’une production, d’une construction mémorielle où apparaîtrait l’empreinte du sujet. Puisque dans la mémoire traumatique « le sujet manque au souvenir6», il se retrouve avec un ressassement intrusif qui s’impose ; il en est comme le témoin forcé, le spectateur. Dans les reviviscences ou les cauchemars, ce trop indique qu’il ne s’agit pas de souvenir ; le sujet a affaire à un contenu qui n’est pas passé par le filtre de la mémoire.

Pour reprendre ma question sur ce que vise l’offre de parole, peut-être pourrions-nous dire qu’au fond, dans l’adresse du transfert, le travail psychique sera de pouvoir transformer ce réel pur par la construction d’un souvenir, pour qu’ensuite il puisse l’oublier. Il nous faut là, dans l’écoute, porter une attention particulière au détail. Un détail, une nuance, un petit quelque chose qui intrigue, qui n’est pas tout à fait comme ça s’est passé, un tout petit décalage, dans l’espace d’un battement et qui indique l’implication du sujet de l’inconscient. On l’observe dans la clinique : il n’est pas rare que le cauchemar répétitif se décale et qu’il fasse ensuite place au travail d’élaboration du rêve. Metteur en scène, le sujet rêveur revient là aux commandes, il met en scène quelque chose qu’il a à entendre, à décoder, sorte de mobilisation créative redevenue possible là où la sidération traumatique semblait l’avoir figée. Revenons au cauchemar : s’il semble apparaître dans une certaine fixité, il y a pourtant la dimension de ce que cache l’image. Armando Cote dit cela avec précision : « Dans le cauchemar il y a quelque chose d’innommable, une image qui insiste et qui empêche d’accéder à quelque chose : c’est une sorte de présentation de l’image qui empêche de voir ce qu’il y a derrière, une image qui recouvre, une image-écran. Au-delà de cette pure répétition, il y a une recherche de ce sujet de l’angoisse qui n’était pas présent au moment de l’effraction traumatique, mais qui revient dans l’après-coup. Si ça se répète c’est pour que l’angoisse vienne et que ce sujet soit présent à ce moment de la scène7. » En ce sens, le cauchemar participe à l’élaboration du traumatisme, en tant qu’il indique qu’il y a du sujet. Retenons du cauchemar l’intrication de ces deux dimensions : le trop et le trou, le trop d’images, le tropmatisme…, qui cache le trou, le trou du langage qui fait que le sujet échappe à la prise signifiante, mais qu’il ne cesse de vouloir attraper. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui fait parler le sujet ?

Un trou de mémoire qui parle

Il n’est pas rare de constater qu’aux côtés de cette mémoire traumatique qui ne se laisse pas oublier, il existe des moments traumatiques qui s’associent avec justement un trou de mémoire, une perte, un oubli. Ce que décrit Catherine Meurisse dans sa Bande Dessinée « La légèreté8 ». Coup du sort, elle doit sa survie à une peine de cœur. De sa nuit de pleurs, s’ensuit une panne de réveil qui la fait arriver en retard au comité de rédaction de Charlie Hebdo, après la tuerie donc. Elle évoque une période d’amnésie qu’elle essaiera de soigner en allant à Cabourg, sur les traces de Proust. Rien n’y fait. Elle est à la recherche d’un point qui lui échappe, elle butte en particulier sur un échange qu’elle a eu avec Mustafa deux jours avant la tuerie. Mustafa est le correcteur du journal, elle lui souhaitait une bonne année, et il lui a répondu quelque chose… mais quoi ? Cela insiste ; ce creux, ce trou de mémoire a quelque chose à lui dire. C’est comme si l’écriture tenait autour de ce trou, c’est en tout cas l’idée que j’ai eue, comme si le travail d’écriture était articulé autour de ce blanc. Peut-on dire que cette amnésie fait symptôme pour le sujet ? La création de ce trou de souvenir permet-il au sujet de l’inconscient de ne pas être effacé par l’événement, mais d’exister dans ce qui lui tombe dessus ? Philippe Lançon, au tout début du « Lambeau », relate quelque chose de similaire : lui était dans la salle de rédaction lors de l’attaque terroriste à Charlie Hebdo ; une balle lui a traversé la joue. Philippe Lançon était au théâtre la veille, et avait, écrit-il, retenu une phrase lors de la représentation, phrase dont il aurait discuté après la pièce avec le metteur en scène. Il ne lâche pas cette idée, il démarre d’ailleurs son livre là-dessus, n’est-ce pas ce qui l’initie à l’écriture ? A l’heure où il écrit « Le Lambeau », soit dix-huit mois après l’attaque terroriste, il se décide à reprendre contact avec ce metteur en scène, et, voulant enfin que cette idée le lâche, lui demande quelle était cette citation dont ils avaient parlé. Mais, écrit-il « Aucune des citations qu’il m’a envoyées ne correspondait à ce que j’imaginais. […] La réplique d’Orsoni qui m’a trotté dans la tête pendant des mois, qui a bercé mes jours et mes nuits hospitalières, la phrase que j’avais sur le bout de la langue et dont la vérité m’avait saisi, comme foudroyé… cette phrase n’existe pas9. » Philippe Lançon cherche ce quelque chose qui se dérobe, et c’est là aussi à partir de cette brèche qu’il démarre son travail d’écriture.

La particularité de ces trous de mémoire, c’est qu’ils font point d’énigme pour ces auteurs, indice que le sujet en fait quelque chose, qu’ils prennent valeur d’un symptôme au sens analytique, peut-être. C’est en tout cas réinstaurer du trou là où la totalité se faisait menaçante, car risquait d’engloutir le sujet, de l’effacer. Car au fond, c’est quand il n’y a pas de place au manque, quand rien n’échappe, que le sujet se trouve soumis à l’envahissement traumatique, soumis à un passé qui ne passe pas. L’instauration de ce trou de mémoire met en quête le sujet, peut-être pour l’obliger à sortir du trou, justement, dans lequel il s’était perdu.

1 MENES M., La « névrose infantile » un trauma bénéfique, Paris, Editions Nouvelles du Champ Lacanien, 2019.

2 SOLER C., Les traumatismes : causes et suites, Actes des Journées Nationales de décembre 2004, Paris, EPFCL, 2004, p.50.

3 LACAN J., « La psychanalyse et son enseignement », dans Écrits, Paris, Seuil, 1966, p.451.

4 NOMINE B., « Le fantasme et son rapport au traumatisme », dans Les traumatismes : causes et suite, Actes des Journées Nationales de décembre 2004, Paris, EPFCL, 2004, p.18.

5 COTE A., « La mémoire traumatique chez l’enfant et l’adolescent », dans Exil et violence politique : les paradoxes de l’oubli, Toulouse, Eres, 2019, p.39.

6 RABINOVITCH S., « Les mâchoires de l’oubli », dans Exil et violence politique, les paradoxes de l’oubli, Toulouse, Eres, 2019, p.10 : « Ce n’est pas oubli du souvenir, ce n’est pas non plus que le souvenir vienne à manquer : c’est le sujet qui manque au souvenir, qui ne se rappelle plus au souvenir, à l’événement. »

7 COTE A., « Le cauchemar fait-il parler l’angoisse ? », Paris, EPFCL, 9 Mars 2024, https://www.youtube.com/watch?v=6UIShfZjSes

8 MEURISSE C., La légèreté, Paris, Dargaud, 2016.

9 LANÇON P., Le Lambeau, Paris, Gallimard, 2018, p.25.