Brest (07/12/2019)
Psychanalyse appliquée… à la thérapeutique ?

Le rajout du terme « thérapeutique » à l’expression « psychanalyse
appliquée » entend conjoindre les deux occurrences principales de ce champ
sémantique :
La première, la plus classique, consiste à rabattre le thérapeutique sur
le curatif : la psychanalyse appliquée au symptôme : « guérir les troubles
nerveux » dit Freud.
La deuxième c’est d’en faire, à la suite des épigones de Freud, un autre
champ, plus restreint, celui de la psychanalyse appliquée aux arts, à
l’anthropologie, à la religion ou même au champ social. Freud a d’ailleurs
légitimé cela lui-même (cf ses analyses, de Michel-Ange à Goethe, et ses
réflexions sur le groupe social ou la religion). Actuellement l’expression
est plutôt réservée à ce deuxième champ.
Lacan, lors de la fondation de son Ecole en 1964, en créant une section
de psychanalyse appliquée de « thérapeutique et de clinique médicale »
semble faire une distinction entre les deux termes ; ce qui ouvre un champ
plus large à ce signifiant du thérapeutique. Avec les questions qui en
découlent : Que soigne-t-on ? Avec quels outils ? Quelle finalité ? Ceci
réinterroge le désir de l’analyste.
L’œuvre littéraire est-elle thérapeutique ? C’est encore une réflexion
possible devant laquelle Lacan ne recule pas. S’il a pu être méfiant
devant ces noces de la psychanalyse et de la littérature parlant de «
frotti frotta littéraire dont se dénote le psychanalyste en mal
d’invention » (cf Lituraterre) il a par ailleurs, à propos de Marguerite
Duras, dit que l’artiste « crée la voie à Freud » et que le poète nous
enseigne (cf également ce qu’il écrit sur Sade, Poe, Duras, Gide etc.). Il
s’agit d’aborder les auteurs pour en dégager leur vérité : Gide fait ainsi
enseignement de sa perversion. Et nul doute que ses écrits aient fonction
thérapeutique, pour lui.

Au regard de la question théorique que pose l’adéquation de la
psychanalyse à une œuvre d’art, toute espèce de question clinique est une
question de psychanalyse appliquée (S. VI)

Samedi 7 Décembre 2019 :
Laurence Rebout « Entre Delay et Gide » ;

Samedi 25 Janvier 2020 :
Claudette Damas « A quelles conditions un écrit nous enseigne t-il ? Le cas Gide » ;

Samedi 28 Mars 2020 :
Gregory Voix, « Le Gide de Lacan : quand la vérité s’avère d’une structure de fiction » ;

Samedi 30 Mai 2020 :
Marie-Josée Latour, Psychanalyse avec les enfants

Contact : rebout.laurence@wanadoo.fr
Chargement de la carte…
  • Date(s) : 07/12/2019
  • Horaires : 14h30 - 18h30
  • Lieu : CMPP Claude Chassagny 13 rue Edouard Corbière Brest